Sophie Astrabie : L’auteure qui donne envie de (re)faire des enfants.

 

Sophie Astrabie a écrit un premier roman comme on se lance un défi. Puis un deuxième roman : La Somme de nos vies  qui pourrait faire l’objet d’un film tant il a vécu de rebondissements. Sophie a aussi deux petites filles qui donnent envie de (re)faire des enfants et des mots qui agissent comme des pansements. Dans ses livres bien sûr et plus quotidiennement sur son compte Instagram (que l’on adore.) On a donc rencontré une jeune femme qui n’a pas laissé passer le train de ses envies et une maman qui nous dit que si on a passé l’âge de la balançoire #quoique, rien ne nous empêche de nous balancer. Encore. Et ça, ça nous parle. 

Tout plaquer pour écrire un best-seller.

Comment décide-t-on d’écrire, à 25 ans, un premier roman ? Chez Sophie, il a fallu décrocher son premier CDI pour avoir envie de tout plaquer et de se lancer. Après des études de commerce validées pour « avoir un vrai métier », un poste dans le marketing au sein d’un journal réputé l’emballe sur le papier mais la désillusion ne tarde pas à arriver : rien ne colle à ses valeurs : « Si à 25 ans on est déjà pas fier de ce que l’on fait alors c’est mal parti. » Parce que, selon elle, rares sont les projets que l’on poursuit de A à Z,  elle rentre chez ses parents et se donne comme objectif d’écrire une histoire. « Je mise souvent sur la stratégie du pied du mur. Quand j’ai annoncé à mon entourage que j’allais écrire, il fallait que je le fasse. Pas le choix. » Après 6 mois à tisser le fil de son roman et deux ans à ne pas oser l’envoyer à un éditeur, Sophie publie son premier livre en auto-édition sur Amazon. Le livre grimpe dans le top des ventes. Repéré par une maison d’édition, Le Pacte d’Avril sort en librairie en 2018. La boucle est bouclée.

« Par principe, je ne voulais que rien ne m’arrête. Ma grande angoisse, c’était de changer. »

C’est aussi grâce à son compte Instagram que la plume de Sophie Astrabie est venue titiller notre curiosité. Je dis « notre » car ses posts qui visent en plein coeur ont le don d’être instantanément partagés (Tiens, lis ça !).  L’auteure parle avec humour et poésie de sa maternité. Des instantanés d’enfance et de vie de famille qui disent tout des petits riens. Première fois maman en 2017 d’une petite fille prénommée Romie, Sophie prend une claque. De bonheur mais pas que. « J’ai trouvé cette première maternité difficile, sans doute aussi parce qu’elle a  débuté avec  un accouchement traumatisant. J’étais en colère contre tout ce que l’on ne nous dit pas. J’ai écrit deux manuscrits sur le sujet mais pas suffisamment convaincants pour les envoyer à un éditeur. J’ai aussi fait le deuil d’une certaine liberté même si je faisais énormément de choses avec Romie. Par principe, je ne voulais que rien ne m’arrête. Ma grande angoisse, c’était de changer. » Au fil des tentatives d’écritures, Sophie se questionne : « Ai-je réussi à écrire un livre et puis basta ? » Mais en décembre 2019, alors qu’elle est enceinte de son deuxième enfant, Sophie achève son deuxième roman.

« La vie est une succession de photographies que l’on oublie de prendre. »

Ce livre, c’est le récit formidablement composé de deux solitudes qui s’inventent des vies. Camille, jeune fleuriste diplômée de droit imagine la vie des autres par la fenêtre et Marguerite, octogénaire qui a perdu sa dernière amie met en vente son appartement (sans vouloir le vendre vraiment) pour rencontrer des gens. Et cette phrase issue de ce roman feelgood : « La vie est une succession de photographies que l’on oublie de prendre. » La Somme de nos vies (Flammarion), publié en plein confinement a ce destin incroyable qu’ont les pépites littéraires que les libraires savent révéler. « Sur Instagram, je me suis battue pour qu’il marche, c’était de l’artisanat digital ! Et puis un soir ma mère m’appelle pour me dire d’allumer la télé. Une librairie, une parmi les 3300 en France, présentait au 20h de France 2 un de ses coups de coeur. C’était mon livre. Et c’était dingue ! Mais aussitôt,  il a été en rupture de stock et la réimpression en plein covid prenait un temps fou ! Alors pour ne pas passer à côté de cette chance unique, j’ai eu le culot (que je n’ai jamais.) d’envoyer un exemplaire de mon livre à Thomas Sotto qui m’a ensuite invitée dans son émission sur RTL. Un journaliste très bienveillant qui m’a écrit à son tour pour savoir si les ventes de mon livre se passaient bien. Cette médiatisation surprise a été LA bonne étoile inespérée. »

Des pépites de sens, de vérité, d’humour et d’amour que l’on pourrait vous citer  sur des kilomètres.

Sophie on la lit, sans se lasser, sur papier et sur écran où elle dépose avec magie ses questionnements. Par exemple, sur les raisons qui nous poussent à être parent  : « Je me suis longtemps demandée pourquoi on faisait un enfant. Et puis en fait, c’est juste qu’il faut en faire un pour en avoir deux. » Et le deuxième ? Le deuxième enfant, plus pressé. Obligé peut-être, de faire « mieux » pour se faire remarquer. L’enfant qui a moins de photo. Moins de temps, moins de cadre, moins de calme. L’enfant qui a moins mais qui semble pourtant avoir tellement plus. L’enfant qu’on comprend plus vite. L’enfant qui va moins chez le médecin. Et l’enfant qui sera moins inquiet, inévitablement. Mais plus impatient peut-être. L’enfant qui ne porte pas la responsabilité du changement de vie de ses parents mais qui ne saura jamais à quoi ressemble le regard de ceux qui découvrent pour la première fois. Le deuxième enfant. Celui dont on ne se doute pas qu’il puisse être aussi unique. » Des pépites de sens, de vérité, d’humour et d’amour que l’on pourrait vous citer  sur des kilomètres.  Comme ce post parfait sur les pouvoirs des pansements pour enfants : « Un pansement, c’est de l’affection qu’on colle sur un genou. Une réparation de la moindre égratignure et réparer la moindre égratignure c’est dire à quel point on est précieux. Un pansement c’est une diversion, de la joie sur des pleurs, une chanson de la compagnie créole. Un pansement, c’est bon pour le moral alors ce sera toujours oui. Oui dans un monde beaucoup trop plein de non. Et pas assez de lapin vert. »

 

Avant de quitter Sophie et son imaginaire si proche de notre réalité, je lui demande ce qu’elle souhaite à tout prix transmettre à ses enfants ? « La confiance en soi, c’est primordial. J’ai envie que mes filles se disent : Je peux tout faire. Moi, j’ai été plutôt élevé sur le terreau : « Pourvu qu’il ne nous arrive rien. » Encore aujourd’hui, j’ai peur de déranger, ça me bouffe pas mal la vie. Alors, je fais en sorte de tout mettre en oeuvre pour que mes filles se disent que tout est possible. » On vous a dit que Sophie Astrabie avait achevé son troisième roman ? #tothemoonandback

 

 

 

 

 

 

 

 

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