S’affranchir du regard des autres

 

Avant d’avoir des enfants, on a des tonnes d’idées préconçues de ce qu’il faut faire, de ce que l’on ne fera JAMAIS et de ce qu’il faut à tout prix éviter. Ca, c’est avant d’avoir des enfants. Une fois qu’ils sont là, on compose, on s’adapte et on apprend aussi. Mais comme pour chaque chose de la vie des autres, le monde entier a un avis sur tout. Et surtout sur ce qu’eux ne feraient pas.
On a rencontré 4 mamans qui nous ont donné leur recette pour s’affranchir du regard des autres qui nous pèse et nous fait parfois faire le contraire de ce qui nous semble juste pour nos enfants.

 

« Chaque enfant est différent. Et s’adapter, ce n’est pas mauvais ! »
Quand j’ai eu mon premier enfant, il y a 7 ans, je me suis dit : ce modèle là, c’est celui de référence ! J’avais de la chance : il dormait bien, il mangeait bien, il ne ronchonnait pas trop et je pouvais l’emmener à peu près partout avec moi. L’enfant « facile » quoi. Et puis 3 ans après, j’ai eu Violette. Un amour de bébé …mais avec un autre mode d’emploi ! Autour de moi, on a vite comparé : Elle est plus pleureuse que son frère dis-donc ! Elle est moins facile, plus punchy, moins dormeuse, …plus ceci, plus cela. Je me suis convaincue qu’effectivement, elle sortait du cadre, de cette fameuse « référence ». Mais de quelle référence je parlais en fait ? Mes proches, mes amis, des amis d’amis se sont vite appropriés le rôle d’observateur extérieur, avec son lot de petits idées bien arrêtées : Tu ne devrais pas la prendre dans tes bras à table, tu ne faisais pas ça avec Victor ! Arrête de courir à chaque fois qu’elle pleure, tu vas en faire une dépendante…Victor a vite appris à se rendormir seul lui.., Tu te fais bouffer … » Garance

Ce qui m’a permis de m’affranchir ?
La rencontre avec un pédiatre
« Quand Violette a eu 15 mois, je suis allée voir ce pédiatre, un  homme plein de sagesse. Il la mesure, la pèse et me demande comment elle va, si elle s’épanouit, comment elle dort, les jeux qu’elle aime…Je lui réponds : Elle ne marche pas encore. Son frère a marché a 10 mois, elle elle est plus paresseuse…, Sinon elle a du mal à faire de grandes siestes alors je la promène beaucoup en poussette, je sais ce n’est pas forcément l’idéal, …Pour les jeux, elle aime bien crapahuter dans tous les sens, un vrai petit garçon manqué comme disent mes proches, peut-être que je devrais lui proposer des activités plus calmes au lieu de l’encourager à faire le clown !...Le pédiatre m’observait  et puis il m’a dit : « Bon. J’ai l’impression qu’on vous a dit beaucoup de choses sur votre deuxième enfant non ? Mais vous a-t-on dit que chaque enfant est différent ? Que chaque enfant va a son rythme, développe sa personnalité indépendamment de ce que vous lui transmettez ? Qu’être le deuxième ce n’est pas être le premier… Et que l’on s’ennuierait si on faisait les mêmes enfants tous le temps non ? Le monde serait triste. Violette va parfaitement bien et vous savez pourquoi ? Parce qu’elle a des parents qui ont compris que chaque enfant est unique et que personne ne la connait mieux que vous. J’ai lâché une petite larme, j’ai bu ses paroles et je suis repartie plus affranchie que jamais du regard des autres sur Violette et sur l’éducation que je lui donnais. »

 

« Mon éducation n’est pas forcément celle de mes parents »
« J’ai eu une éducation balisée par beaucoup de codes : un enfant ça reste tranquille, ça s’adapte, ça ne dérange pas les parents, en gros ça passe un peu en arrière plan. Moi, dès que je suis devenue maman, j’ai compris que je voulais prendre les choses différemment. Je voulais accorder à mes enfants l’espace nécessaire pour s’exprimer, ne pas les brider, accorder du temps au jeu, à la folie, à l’enfance quoi ! Mais j’étais mine de rien enfermée dans les codes de mon enfance et le regard de mes parents était très important. Faire le clown avec ses enfants à table, ce n’était pas bien vu, danser sur le canapé non plus, faire des soirées pyjama avec ma fille encore moins ! J’avais l’impression d’être une petite fille, devenue maman certes, mais une petite fille quand même ! » Laura

Ce qui m’a permis de m’affranchir ? Le père de mes enfants
« Mon mari a toujours su qu’il aborderait l’éducation de ses enfants différemment de celle qu’il avait reçu. Il n’avais pas été malheureux mais, selon lui, chaque parent doit suivre son instinct et transmettre à son enfant une part de lui. Et une grosse part de mon mari relève du comique, de la légèreté, de la joie. Des aspects de sa personnalité que je partage ! Au fil des repas et des weekends avec ma famille, il n’a eu de cesse de valoriser auprès de mes parents mon rôle de maman clown qui sait faire rire ses enfants et les aide à développer leur personnalité. Il m’a encouragé à prendre en main mon rôle de mère, moins stricte que mes parents mais tout aussi encadrant pour les enfants. C’est grâce à lui si j’ai fait à ma sauce et que mes parents m’ont fait confiance. Ils ont même découvert des facettes de ma personnalité et sont ravis de voir leurs petits-enfants si épanouis. » 

« J’ai défendu mes convictions en m’appuyant sur du solide »
« Je fais partie de la génération Nutella. Celle qui s’est gavée de sucre et d’huile de palme sans tout à fait le savoir et qui a décidé de ne rien laisser passer avec ses enfants en terme d’alimentation. C’est toujours gênant quand je vais à des goûters chez des amis et que je dis à ma fille de 7 ans de ne pas pendre de Kinder ou de Pepito. Même sentiment quand je dois répéter dix fois à ma belle-mère d’arrêter de gaver ma fille de crème au chocolat achetées au supermarché et de knackies bourrées d’additifs. Du coup je temporisais et j’essayais de ne pas passer pour la maman psychorigide. » Coline

Ce qui m’a permis de m’affranchir ?
M’informer encore plus…

« Plus j’ai lu sur le sujet, plus je me suis armée : les études qui prouvaient pas a+b les méfaits du sucre, des additifs, des perturbateurs endocriniens, les spécialistes qui partageaient leurs recommandations…et même les mamans influenceuses qui encourageaient les alternatives avec des recettes saines et gourmandes, tout cela m’a permis de dire à mes proches : tu vois, on doit prendre les choses en main pour la santé des enfants, c’est juste du bon sens. On sait, alors pourquoi ne pas écouter ces précieuses recommandations ? Ca ne fait pas de vous des mauvais parents ou des grands-parents moins aimés par leurs petits-enfants ! Je fais en quelque sorte leur éducation sur le sujet sans néanmoins porter de jugement. »

« J’ai lâché prise sur les apparences… »
« Il fallait que ma fille soit bien coiffée, bien habillée, à l’image d’une pub sur papier glacé. Et puis ma fille Lola a eu 5 ans et elle a voulu cette paire de baskets à paillettes, ce t-shirt avec des petits chiots, ces élastiques avec des pompons. Elle a voulu choisir ses vêtements, les assembler à sa manière, ne pas faire cette coiffure,…Et moi je disais non, un non catégorique ! Parce que je craignais le regard des autres sûrement…Parce que je ne voulais pas passer pour la mère qui avait craqué, certainement.  » Mia


Ce qui m’a permis de m’affranchir ?
Ma fille

« Et Lola m’a rapidement fait comprendre que lui permettre de choisir ses vêtements de temps en temps, c’était aussi lui permettre de grandir et de s’affranchir. Et quand je vois son sourire avec cette paire de baskets (que je déteste toujours autant hein…), je me dis que ça vaut sacrément le coup ! »

 

 

Source : @souloflistener

 

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