Le corps post-partum : Ce qu’on ne nous dit pas (assez)

Il y a la grossesse et il y a le post-partum. Une période durant laquelle le corps se réadapte, cicatrise, fait son chemin. Une période qui peut être déstabilisante : du J+1 après la naissance aux mois qui suivent. 8 jeunes mamans partagent avec nous toutes ces choses qui peuvent arriver, avec comme finalité cette phrase que l’on se passe de femme en femme : « Tout passe. » Et tout se réinvente. Y compris notre corps…de warrior.

 

1.Non, il ne reste aucun bébé « surprise » dans votre ventre madame. Votre utérus prend simplement son temps pour retrouver sa taille normale #cestpourquand?

« Je n’étais pas naïve bien sûr. Je savais que près de 9 mois de grossesse et 18kg dans le ventre n’allaient pas se volatiliser comme ça mais j’ai davantage été surprise par le temps qu’il a fallu pour voir mon ventre dégonfler. Les « Félicitations » madame, n’ont pas loupé. Les semaines qui ont suivi mon accouchement, mon corps donnait l’impression d’attendre un heureux événement. Cette fameuse période où l’on ne sait pas si tu vas accoucher dans 4 mois ou si tu viens de le faire. A la maternité, on m’a gentiment expliqué qu’il était tout à fait normal de garder un ventre semblable à une grossesse de 5 mois car mon utérus avait besoin de temps pour retrouver sa taille initiale (4 semaines minimum). Il ne s’agissait donc pas uniquement de kilos à perdre (ouf !) mais de mon corps qui devait, patiemment, se remettre de cette folle aventure. » Sarah.

2. Cette petite ligne marron qui semble indiquer à ton pubis le chemin vers ton nombril ne va pas s’effacer de ton historique comme ça. Non, elle met du temps à comprendre qu’elle ne sert à rien. #ilfautpartirmaintenantmadame

« Il aura fallu attendre le 7ème mois de grossesse pour que cette ligne marron qui part de pubis pour finir son chemin au-dessus du nombril, apparaisse. Mais une fois installée, il a fallu des mois pour qu’elle disparaisse. Je pensais bêtement ne plus la voir juste après l’accouchement, au même moment que la chute d’hormones. On m’avait expliqué qu’elle était le témoin des grands bouleversements hormonaux vécus durant la grossesse. Mais non. Elle s’est gentiment dissipée… 1 an après mon accouchement. » Leila 

3. Tes cheveux se font la malle alors même que, pendant la grossesse, ils étaient opérationnels pour tourner une pub Elsève. #larnaque?

« Qu’est-ce que j’ai aimé mes cheveux durant ma grossesse ! Je pouvais passer mes mains dedans 15 fois par jour ! Ils étaient doux, soyeux, épais, ultra forts. Le bonheur. Et la chute d’hormones post-partum a fait disparaître tout espoir de conserver cette belle crinière. Je les ai d’abord trouvés ternes puis moins épais, puis moins nombreux…Jusqu’au jour où j’ai consulté une dermatologue qui m’a aidée avec un traitement adapté. Parce que c’est important pour une femme de se sentir bien dans ses cheveux non ? » Coraline

4. Ce n’est pas parce que tu as pris 2 bonnets de soutien-gorge en 6 mois que tu les garderas. C’est même potentiellement tout le contraire. #avisderecherche

« Je ne sais pas pourquoi, je me suis dit qu’être enceinte allait m’offrir, en bonus, une poitrine de ouf. Notons que je fais un petit 85B. Alors, bien sûr, j’ai pris mon pied en la voyant joliment gonfler de mois en mois. Et puis l’apothéose à la montée de lait, l’allaitement, ce petit décolleté que je n’avais jamais vraiment eu, ses robes qui m’allaient encore mieux, etc, etc. Puis j’ai tiré mon lait, de plus en plus, #outch pour enfin arrêter l’allaitement 3 mois plus tard. Et là, patatras ! Mes seins ont peu à peu retrouvé leur gabarit initial…mais ne se sont pas arrêtés là ! J’avais même l’impression qu’ils se vidaient. De profil, je ne les voyais plus. Ils n’étaient plus aussi beaux, plus aussi galbés. Et plus petits aussi.  Ma féminité en a pris un sacré coup. On parle souvent des grosses poitrines qui peuvent être problématiques pour certaines femmes mais on parle peu de la perte de poitrine post-accouchement qui pousse de plus en plus de femmes à penser à la chirurgie esthétique. » Claire

5. Tu t’es crémée, tu t’es huilée, tu n’as pas eu de vergetures et BAM !…Ton ventre craque d’un coup au moment de l’accouchement ou juste avant. #lefourbe

« J’avais une hantise : être recouverte de vergetures. Mon ventre était assez gros et comme j’ai tendance à marquer facilement…Mais contre toute attente, ma peau a tenu le coup. Il faut dire que je l’ai badigeonnée de crème anti-vergetures dès le premier jour de grossesse ! Jusqu’à J-1, rien à signaler. Et la veille de mon accouchement a peut-être été le jour de trop pour ma peau, je me suis réveillée avec des « craqures » de part et d’autre de mon ventre et tout autour de mon nombril. Un vrai séisme ! Quelle déception. Puis j’ai accouché de ma petite beauté et ce souci s’est vite envolé. Je n’y pensais plus du tout. Une sage-femme a souhaité me rassurer en me disant que l’apparition des vergetures était inévitable. Si elles doivent apparaître, elles le feront ! C’est hormonal et les crèmes ne peuvent pas y faire grand chose. Ok, selon elle, ce n’était pas ma faute. Déjà pas mal pour me déculpabiliser : c’était mon destin ! C’est quand mon ventre a dégonflé que j’ai mal vécu la chose. Mais à force d’échanges, de regards bienveillants et de partage d’expériences, sur les réseaux sociaux notamment, je me suis dit que ces marques étaient autant de témoins de cet enfant que je voulais tant. » Marie-Laure

6. Tu ne rentres plus dans tes jeans d’avant. Pas parce que tu n’arrives pas à perdre les 5 derniers kilos. Non. Parce que ton corps s’est modifié de l’intérieur. Et qu’il est encore plus fort.

« J’ai vite vu que mes hanches n’étaient pas pareilles, que mon bassin non plus. J’ai vite senti que je ne rentrais plus exactement dans mes jeans malgré ma perte de poids. En fait, c’est mon squelette qui a changé. Et ça, même mon compagnon l’a remarqué. Et tout cela n’a pas été pour nous déplaire. J’ai eu la sensation d’hériter d’un nouveau corps : plus fort, plus épanoui aussi. Et mon amoureux a profité d’une vague de féminité assumée ! Oui, le corps change mais cela peut être une bonne nouvelle. » Lucile

7. Tu saignes beaucoup et quelque temps. Et ça, ça ne se voit pas sur Instagram.

Dernièrement, des femmes ont pris la parole (et leurs appareils photo) sur Instagram pour parler en vrai de ce que les saignements post-accouchement impliquaient. Des saignements longs, abondants, contraignants, fatigants auxquels viennent s’ajouter des douleurs physiques et des contractions post-accouchement. Le récent post Instagram d’Illana Weizman (@illanaweizman), doctorante en communication et sociologie à Tel Aviv, et collaboratrice de Cheek Magazine, souligne l’invisibilité de ces sujets. Sur les réseaux et ailleurs : « En réaction à une publicité rejetée par @abcnews et l’Académie des Oscars qui dépeint honnêtement l’épisode douloureux du post-partum ainsi que la publication d’@ashleygraham qui pointe du doigt le silence autour de cette convalescence, me voici, portant une couche pour adultes, épongeant le sang qui coule pendant des jours et des semaines, le ventre encore gonflé, l’utérus encore étendu, les contractions qui le remettent doucement en place, les jambes bleuies, les points qui tirent, l’impossibilité de s’asseoir sans douleurs, l’urine qui brûle, l’impression d’être passée sous un rouleau compresseur. Si on parlait davantage de ces sujets, si on ne les invisibilisait pas de façon systématique, les mères se sentiraient moins isolées, moins démunies. Préoccupez-vous des mères. Mettez en lumière leur vécu. » La mention #monpostpartum a, depuis, poussé les femmes a en parler. 

 
8. La montée de lait peut être compliquée à gérer. Et la mise au sein n’est pas forcément évidente. Quand on le sait, ça se passe 1000 fois mieux. 
 
« Ah la montée de lait !  Je n’ai pas compris ce qui se passait. Dans la nuit du 3ème au 4ème jour à la maternité, mes seins ont pris 3 fois leurs volumes, ils se sont tellement durcis que je ne pouvais même plus les toucher. Et surtout, j’ai été prise d’un phénomène tout à fait bénin mais qui peut arriver à n’importe quelle femme : je me suis mise à trembler très fort de la tête aux pieds. Une sage-femme m’a demandé de poser mon bébé dans son lit dès que je sentais la vague de tremblement arriver. Et de la laisser tranquillement passer, en respirant lentement. Elle m’a dit que cela était tout à fait normal et que la montée soudaine d’hormones y était pour quelque chose. C’était impressionnant et sur le moment cela m’a fait peur. Elle a ensuite mis au congélateur deux couches imbibées d’eau que j’allais chercher pour apaiser ma poitrine avant ou après les tétées. Un tips que j’ai gardé à la maison. La mise au sein n’a pas été simple non plus. Mon bébé tétait très très souvent et inévitablement mes tétons ont été douloureux. Il a fallu du temps et de la patience pour que les douleurs passent. Ensuite l’allaitement ne s’est pas poursuivi très longtemps. Je devais gérer ma grande de 2 ans et demi, en pleine canicule et sans trop d’aide en journée…On fait comme on peut non ? » Amandine
 
9. La césarienne laisse une trace. Et bien souvent, ce n’est pas ce « cheveux tout fin » que l’on te promettait. 
 
« J’ai eu deux césariennes. Donc en la matière, je m’y connais. À ma première césarienne programmée, le gynécologue m’avait dit : oh ! vous savez, au bout de quelques mois, votre cicatrice ressemblera à un cheveu. Pas plus épais, croyez-moi.  Au fil des moins, ma cicatrice avait davantage le calibre d’une mèche de cheveux que d’un léger trait. Pourtant, j’en prenais relativement soin – comme une toute jeune maman peut le faire entre deux biberons-. Les premières semaines, je n’osais pas y toucher, la zone était sensible, les agrafes avaient elles aussi laissées des traces. Il y avait eu cette légère réaction que je croyais être une surinfection mais qui était en réalité bénigne. Bref, je n’étais pas super à l’aise.  Il y avait aussi cette boursouflure sur mon bas-ventre, un peu dure, qui ne voulait pas partir… A l’aube de ma seconde grossesse, ma cicatrice avait eu le temps de blanchir mais était encore assez visible. Quand j’ai su que j’allais avoir une deuxième césarienne programmée, le gynécologue m’a tout de suite rassurée : « Ne vous inquiétez pas, je vais repasser sur votre cicatrice et faire en sorte qu’elle ne s’épaississe pas. Au contraire, je vais m’appliquer à faire une cicatrice encore plus fine. » Aaaaah Merci ! Je n’osais pas aborder ce sujet qui me semblait superficiel mais il avait eu la justesse de me comprendre. Car oui, donner la vie est au-dessus de toute considération esthétique mais prendre soin du corps des femmes qui accouchent c’est prendre soin de leur intégrité de femme et de leur bien-être. Et ça c’est important, surtout quand on devient maman. Il a évidemment été aux petits soins. Et sa bienveillance a joué dans mon acceptation de ma cicatrice…encore visible 1 an après mais parfaitement alignée avec mon histoire. » Louise
 
Photo : @justy_olive

 

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