Faire un projet de naissance : oui ou non ?

 

Certains parents formulent des désirs bien marqués pour la naissance de leur bébé. Et d’autres n’ont rien formulé de particulier. On vous a demandé de nous partager vos retours sur le sujet.

Un projet de naissance

Pas le temps !
« Pour ma deuxième grossesse, j’ai accouché en Norvège. Ici, le projet de naissance ce n’est pas habituel, surtout que les femmes sont bien plus respectées dans leurs choix, on leur fait bien plus confiance et elles sont accompagnées. Ici, c’est aussi une sage-femme dédiée à une femme enceinte et ça change tout. On a vraiment le temps de discuter avec elle. Elle est dispo juste pour nous. Mon souhait principal était d’essayer la baignoire pendant le travail et peut-être d’accoucher dans l’eau. Mais… notre fille Astrid est arrivée en 13min !  J’ai eu les premières contractions à 6h du matin et suis arivée à la maternité à 9h. A 10h45, on m’examine. Je suis à 5,5cm et je me dis que vais pouvoir traverser le couloir pour aller dans la baignoire. Mais je n’y suis jamais arrivée ! J’ai commencé à pousser dans le couloir. Il s’est passé exactement 13min entre  : « Vous êtes à 5,5cm » Et « bienvenue Astrid ». Marjolaine  

Des questions
« Lors de ma première grossesse,  plus que des besoins, j’avais surtout des questions : Comment cela se passe avant, pendant, et après l’accouchement et dans quelles conditions pour moi et le bébé ? J’ai eu toutes mes réponses lors de la visite de la maternité. Ce qui m’a permis de lâcher un peu prise et de me rassurer, moi qui étais terrifiée. A tel point que je n’avais même plus peur d’accoucher ! » Aurore

Accoucher par voie basse après une césarienne
« Après un premier accouchement par césarienne programmée, je rêvais d’une naissance plus naturelle pour mon deuxième enfant, 6 ans plus tard. J’ai découvert que ce ne serait pas si simple en écoutant un podcast sur l’AVAC (accouchement par voie basse après césarienne). En rencontrant la cheffe de service de mon hôpital, elle m’a en effet expliqué que la péridurale serait obligatoire dans mon cas. J’était déçue de ne même pas pouvoir essayer une naissance physiologique, mais elle m’a dit de rédiger un projet de naissance et qu’on verrait ce qu’on pouvait faire. Evidemment, rien ne s’est passé comme je voulais, mais celui-ci m’a permis de mettre des mots sur ce que je souhaitais et sur mes peurs : je ne voulais pas rester couchée à attendre et à subir, je voulais être active, aider mon bébé à naître et vivre avec lui ce passage. Sur les conseils d’une amie, j’ai lu un livre de Bernadette de Gasquet sur les positions physiologiques d’accouchement… même avec une péridurale.
Le jour J, après 24h de contractions, j’étais plus que soulagée quand on m’a proposé la péridurale qui m’a permis de me reposer. Mais 12h plus tard, mon col n’était toujours pas complètement dilaté et mon bébé n’était pas là. Le gynéco et les sages-femmes s’impatientaient : « si vous n’êtes pas à 10 et le bébé prêt à sortir dans 30 minutes, nous allons devoir passer en césarienne Madame. » Avec le papa, on a alors tout donné : péri ou pas, je me suis mise dans des positions de yoga, sur le côté, en m’accrochant à son cou, en poussant sur une jambe, malgré les fils dans tous les sens, le monito et le lit médicalisé… Les sages-femmes passaient et rigolaient de nous voir dans une telle posture. Je soufflais en rythme, un peu ridicule, mais je le sentais, ça marchait ! Ils sont revenus et m’ont dit : allez OK on essaie, poussez ! Et il est arrivé, (presque) comme j’en rêvais. Lucile

Un accouchement physiologique
« Durant mon premier accouchement, j’ai mal vécu le moment de la poussée. Je ressentais physiologiquement le besoin de me positionner autrement qu’allongée sur le dos. J’avais très mal et je ne trouvais rien de logique à tout cela. A ce moment là, je n’ai pas osé bousculer l’équipe médicale en disant que je voulais me mettre à quatre pattes ! Pour mon deuxième, je me suis renseignée sur l’accouchement physiologique à l’aide d’une sage-femme géniale. J’ai accouché de mon petit garçon dans la position qui me semblait la plus efficace, c’est à dire accroupie et sans péridurale pour ajuster mes efforts ! Toute l’équipe était au courant et cela s’est fait hyper facilement. » Laura

S’adapter
« J’avais un projet de naissance assez précis : je voulais être en salle nature, ne pas avoir de péridurale à moins que vraiment vraiment VRAIMENT je ne supporte plus la douleur, que le papa soit présent tout le long (même en salle de pré travail), je voulais éviter le recours à l’épisiotomie. Bref, je voulais un accouchement par voie basse le plus naturel possible. Dans cette optique, j’avais aussi demandé à être prévenue très en avance si un recours à la césarienne commençait à être envisagée (notamment pour pouvoir demander une péridurale en amont et éviter une anesthésie générale en cas de césarienne code rouge). L’équipe a été au top, le papa m’a rejoint en salle de pré-travail dès que j’ai été examinée juste après l’installation du monito et j’ai pu ensuite avoir accès à la salle nature. A aucun moment la sage-femme ne m’a parlé de péridurale, elle m’a proposé d’autres moyens pour soulager la douleur. Lorsque j’ai commencé à la demander, après 17h de travail, elle s’est assurée que j’étais certaine de mon choix et m’a proposé d’autres techniques pour gérer la douleur. Elle ne voulait pas que j’ai de regrets. J’ai donc finalement opté pour la péridurale car le travail stagnait.
Mon bébé a ensuite eu du mal à s’engager. La sage-femme et le médecin ont tout tenté : des exercices et des manipulations pour le retourner. Elles ont attendu 3h après dilatation complète pour laisser le temps au bébé de descendre et ont tenté de me faire pousser, mais j’ai finalement eu une césarienne. Cette option avait été évoquée par l’équipe assez rapidement comme je l’avais demandé. Et l’équipe a tout fait pour me rassurer. J’avais émis le désir d’un peau à peau dès que possible mais une petite détresse respiratoire n’a pas permis de le faire. En revanche, j’ai pu l’allaiter dès la montée en salle de réveil. » Marie

Jusqu’au bout.
 » J’avais le projet d’accoucher dans l’eau ! Cela était possible dans ma maternité. Lors du travail dans l’eau, j’ai résisté à la péridurale mais malheureusement cela a fini en césarienne d’urgence. Sans regrets, j’ai tenté jusqu’au bout de réaliser mon rêve. L’essentiel était d’avoir ce trésor dans mes bras. Pas facile de dire ce que je choisirai pour le second. »Anaïs

Un projet en césarienne
« Quand la sage-femme de la clinique m’a proposé de rédiger un projet de naissance, cela m’évoquait surtout une belle page blanche sur laquelle je pouvais me projeter et devenir actrice de ma grossesse. A un moment où justement tout était un peu médicalisé, surveillé et où j’avais l’impression de suivre plutôt que de participer. J’ai noté trois idées principales : avoir la péridurale, faire du peau à peau et tout faire pour que mon enfant ne souffre pas de l’accouchement. Au final : j’ai eu 2 césariennes programmées. Pour la première, je me suis laissée guider. Pour la deuxième, j’ai ajouté une ligne : être le plus possible actrice de ma césarienne. Mon gynécologue m’a fait pousser pour l’aider…Et rien que cela, c’était très fort pour moi. » Amandine

 

Pas de projet de naissance…

L’inconnu
« Je n’en voulais pas parce que je ne savais pas à quoi j’aspirerai sur le moment, et je ne regrette pas du tout ! Une équipe au top, à l’écoute.. mais surtout après avoir essayé l’intégralité des outils dans une salle d’accouchement, tout cela s’est terminé par une césarienne d’urgence. J’imagine la déception et l’incompréhension quand on a fait un projet de naissance mais que rien ne se passe comme prévu. » Gigi

 Totale confiance
« Nous n’avions pas de projet de naissance car nous ne voulions pas être déçus. Nous avions une grande confiance en l’équipe de la maternité et nous les savions aptes à prendre les décisions qui s’imposaient. Le plus important était que Bébé chat et moi allions bien. » Elo

Pas osé …
« Je crois qu’on ne m’a jamais posé la question très clairement. Je suis plutôt du genre à ne pas m’imposer surtout quand il s’agit de l’univers médical. J’ai sans doute peur de déranger une organisation, un processus qui me dépasse. Je me sens assez vulnérable en fait. C’est assez commun à beaucoup de femmes enceintes de se sentir dépossédée de son pouvoir décisionnaire et de ses convictions. Je me suis sentie infantilisée durant 8 mois. Et donc dans l’incapacité d' »imposer » un projet. Si je suis enceinte une deuxième fois, je ferai tout pour m’informer davantage et reprendre le pouvoir. » Nour

Un quoi ?
« Moi je n’en avais pas ! Pour le premier déjà j’étais tellement étonnée par cette question.
« Un projet de naissance ? »  Heuu, accoucher ? Exceptée la péridurale, je ne voulais rien de particulier. Un projet de naissance, je pense que c’est bien si on a envie de mettre en place des choses en particulier mais il faut bien garder en tête que le jour de l’accouchement ce ne sera pas forcément possible … alors plutôt que d’être déçue peut être envisager le projet différemment ? Pour ma deuxième,  je n’ai pas eu le temps de faire une péridurale… »@sansmodedemploi

 

Photo : Wanted !

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